Journalisme Citoyen
C’est un nouveau séisme pour la cybersécurité française. Bercy a confirmé ce mercredi qu’un acteur malveillant a réussi à infiltrer le FICOBA, le fichier national recensant l’intégralité des comptes bancaires ouverts en France. En usurpant les identifiants d’un fonctionnaire, le pirate a pu accéder aux données sensibles (RIB, IBAN, identités, adresses) de plus de 1,2 million de titulaires.
Cette intrusion, qui s’ajoute à une liste déjà longue de piratages visant les institutions publiques (ministère de l’Intérieur, CAF, Urssaf), démontre une fois de plus la vulnérabilité des infrastructures étatiques face à des attaquants de plus en plus ingénieux.
Alors que le gouvernement s’obstine à vouloir imposer l'identité numérique comme la norme pour toutes nos démarches, ce dernier fiasco sécuritaire sonne comme un avertissement solennel. Le projet gouvernemental, qui vise à centraliser nos informations les plus personnelles dans un seul et même "coffre-fort" virtuel, apparaît aujourd'hui comme une véritable bombe à retardement.
Le cas FICOBA illustre parfaitement le problème de la "faille unique" : il a suffi d'un seul accès compromis pour exposer les données bancaires d'un million de Français. Imaginez alors le risque si l'identité numérique, qui doit regrouper l'accès à votre santé, vos impôts, votre état civil et votre banque, venait à être piratée.
Le danger ne vient pas seulement de la technique, mais de l'échelle des données collectées :
Une cible trop tentante : Plus l'État centralise de données, plus il crée un "Graal" pour les cybercriminels. Un fichier unique est une cible prioritaire qui justifie des mois d'efforts pour les hackers.
L'erreur humaine, le maillon faible : Comme pour le FICOBA, le piratage ne passe pas toujours par un code complexe, mais par le vol d'identifiants. Imposer une identité numérique généralisée multiplie les points d'entrée potentiels pour les pirates.
Une usurpation irréversible : Si l'on peut changer de carte bancaire après une fuite, on ne change pas d'identité numérique. Une fois compromis, le citoyen se retrouve totalement déshérité de sa propre existence administrative.
En voulant imposer ce passage en force numérique, le gouvernement semble occulter une réalité brutale : aucun système n'est inviolable. À l'heure où Bercy peine à protéger un simple fichier de comptes, l'idée d'une identité numérique globale semble non seulement prématurée, mais dangereusement irresponsable. Avant de vouloir tout numériser, l'État devrait d'abord prouver qu'il est capable de garantir l'intégrité des données qu'il détient déjà.
Conseils de vigilance : Si vous faites partie des 1,2 million de personnes concernées par la fuite FICOBA, vous recevrez prochainement une notification officielle. Soyez extrêmement prudents face aux tentatives de phishing qui ne manqueront pas de suivre cette annonce. © David Carter